Première édition, donc je me présente vite : Alexis Frèrejean, CEO et cofondateur de Vroomly, la plateforme tout-en-un des garages indépendants : commande de pièces, gestion de l'atelier, facturation, le tout au même endroit pour qu'ils gardent la tête dans la mécanique. Ici, je parle du métier de garagiste et du marché de la réparation comme je le vois sur le terrain, avec le vécu de nos 6 000 garagistes partenaires.
Au programme :
- Mon édito : six semaines pour faire l'année
- Le radar de l'aftermarket : la DGCCRF, les batteries de réemploi, et les indépendants qui creusent l'écart
- Les nouvelles de Vroomly : notre opération d'été
- Le garage du mois : Tullio Freda, Julie Auto à Issy-les-Moulineaux
✍️ L'édito : six semaines pour faire l'année
Un garage indépendant joue une grosse partie de son année sur six semaines. Du 15 juin au 31 juillet. On est dans la dernière ligne droite, et en dehors du métier, presque personne n'en a conscience.
C'est la haute saison. Avant les grands départs, tout le monde fait réviser sa voiture en même temps, parce que personne n'a envie de tomber en panne sur l'autoroute avec les gosses à l'arrière. Résultat, dans nos 6 000 garages, l'activité explose : près de 30 % de réservations en plus, les rendez-vous de climatisation multipliés par trois et demi, sans parler du freinage et de la distribution. En quelques semaines, un atelier fait une part décisive de son chiffre d'affaires de l'année.
On pourrait croire que c'est tout bénéfice. La réalité est plus contrastée !
Derrière ces chiffres, il y a un métier que personne ne raconte. Un garage indépendant, c'est un chef d'entreprise qui tourne souvent avec un ou deux salariés, et qui doit tout tenir en même temps : la mécanique, les pièces, le planning, les clients, les devis, l'administratif. En temps normal, c'est déjà un marathon. En pleine saison, tout tombe d'un coup.
Caler les rendez-vous sans laisser personne de côté, trouver la bonne pièce au bon moment quand les délais se tendent, faire tenir un planning où chaque pont compte. Une voiture qui traîne une demi-journée de plus sur le pont, c'est trois clients qui patientent derrière. Et celui qui part vendredi, lui, n'a pas le choix : sa voiture doit être prête. Voilà le vrai visage de l'été dans un atelier. Des entrepreneurs sous pression, pas des vacanciers.

Cette réalité, on est bien placés pour la mesurer. On voit l'activité réelle de milliers d'indépendants, tous les jours, partout en France. Et nos chiffres sont nets : ces six semaines ne ressemblent à aucune autre période de l'année, et presque tout le monde, y compris dans le secteur, le sous-estime.
Notre boulot, c'est de les aider à encaisser ce pic sans le subir. Leur faire gagner les heures que la saison leur prend : un devis en quelques clics, la bonne pièce livrée vite, un atelier qui tourne sans jongler avec dix outils. Plus la saison cogne, plus ce temps compte. C'est pour ça qu'on existe, et c'est en plein été que ça se voit le mieux.
📡 Le radar de l'aftermarket
Trois infos du secteur qui m'ont marqué en juin.
Contrôles DGCCRF : attention à la lecture du chiffre
Début du mois, la DGCCRF a sorti les résultats de son enquête 2024 sur l'entretien automobile : sur plus de 1 600 établissements contrôlés (garages, centres auto, concessionnaires), environ 40 % présentaient un manquement. Le chiffre a fait les gros titres, mais il y a un gros biais.
Premier point : ces contrôles ne tombent pas au hasard. La répression des fraudes cible en priorité les établissements déjà signalés. Forcément, le taux de problèmes grimpe. Ça ne veut pas dire que 40 % des garages français sont à côté de la plaque.
Deuxième point : dans ces 40 %, on mélange tout. Un affichage de tarifs incomplet ou une facture pas assez détaillée, c'est un manquement administratif, pas une arnaque. Les vraies tromperies existent, mais elles restent une minorité.
C'est pour ça que Mobilians et la FNA par exemple ont contesté la lecture du chiffre, et ils ont raison. On exige des indépendants un niveau de transparence que peu de métiers subissent, sans toujours leur donner les outils pour suivre. La transparence doit rester un outil au service de la confiance, pas une contrainte de plus.
Le communiqué de la DGCCRF · La réaction de Mobilians
Notre partenaire GPA ouvre la filière des batteries de réemploi
GPA, leader français des casses auto (VHU) et l'un de nos fournisseurs, vient de lancer une activité inédite : la vente de batteries de voitures électriques reconditionnées, sorties d'épaves, qualifiées une à une et garanties deux ans (Renault Zoé, Peugeot e-208, certaines Tesla).
C'est une première en France, et elle compte. Car pour la première fois, on va pouvoir remonter une batterie de réemploi sur un véhicule électrique réparable, au lieu de l'envoyer à la casse. La preuve que les centres VHU et les indépendants sont à la pointe sur l'électrique, pas seulement les constructeurs.
Le pari des batteries de réemploi de GPA (Auto Infos)
Les indépendants creusent l'écart avec les constructeurs
Le baromètre 2025 de l'après-vente (Fiev et Feda) vient de tomber, et il dit quelque chose de fort : les garages indépendants pèsent désormais 33,1 % de l'entretien-réparation des particuliers, en hausse de 2 points sur un an. Ils étaient déjà en tête, et ils creusent l'écart avec les réseaux constructeurs (31,6 %), loin devant les centres auto (17,2 %).
Le parc vieillit (12 ans de moyenne d'âge chez les indépendants, plus d'un véhicule sur deux en diesel), et les automobilistes veulent un entretien fiable, accessible et près de chez eux. C'est le terrain des indépendants, et c'est exactement pour eux qu'on se bat. Quand on parle de redonner du pouvoir aux garagistes, ce baromètre montre que le mouvement est déjà en marche !
Le baromètre après-vente 2025 (J2R)
📣 Les nouvelles de Vroomly : avec vous tout l'été
On a lancé notre opération d'été. La logique nous ressemble : accompagner les garages au moment où la pression est la plus forte, pas leur sortir une remise de plus pour faire du volume.
En clair, cet été, on met le paquet pour leur faire gagner du temps : livraisons offertes, retours offerts, et notre présence à chaque étape, du devis à la commande de pièces. C'est notre force depuis le début, l'accompagnement, et c'est en pleine saison qu'elle compte le plus. Parce que quand tout s'accélère dans l'atelier, le plus utile qu'on puisse offrir à un garagiste, c'est du temps.
🔧 Le garage du mois : Tullio Freda, Julie Auto
Direction Issy-les-Moulineaux.
Tullio Freda dirige Julie Auto, un garage qu'il a monté en 2021 à Issy-les-Moulineaux. Mécanique, carrosserie, peinture, jusqu'à la restauration de voitures anciennes : son atelier touche à tout, et les avis de ses clients parlent pour lui.
En ce moment, c'est le coup de feu, et il le raconte mieux que personne :
« En juillet, le téléphone n'arrête pas. Les gens partent avec les enfants, ils ont peur de tomber en panne sur l'autoroute. Il y en a qui viennent pour une clim et repartent avec l'embrayage refait, parce qu'ils préfèrent tout régler d'un coup avant de faire 800 kilomètres. »
Tout l'été d'un atelier tient dans ces deux phrases : le client qui veut partir tranquille, la petite intervention qui se transforme en grosse réparation, et la course pour rendre chaque voiture à temps. C'est ça, la haute saison vue de l'établi. Et des Tullio, j'en croise toute l'année : des artisans qui en veulent, qui montent leur boîte et la font tourner à la force du poignet. C'est pour eux qu'on bosse.
Le garage Julie Auto, à Issy-les-Moulineaux
Bonne fin de saison à tous les ateliers.
Alexis
Alexis Frèrejean, CEO et cofondateur de Vroomly
